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Sixième congrès européen de Mars Society

congres_mars_societyDu 20 au 22 octobre 2006, tous les Européens amoureux de Mars se sont réunis à l’Ipsa pour le congrès organisé par Planète Mars, branche française de l’association américaine Mars Society.

 « Mars n’est pas la destination finale, c’est la direction à suivre ». Robert Zubrin, président de l’association Mars Society et auteur, martèle ainsi sa vision de l’avenir de l’aventure spatiale humaine sur l’estrade de l’amphithéâtre de l’Ipsa. L’ancien ingénieur de Lockheed Martin doit sa notoriété au projet qu’il a développé, et que la Nasa a ensuite adopté sous le nom de Mars Direct. Son idée ingénieuse est d’utiliser l’atmosphère martienne, combinée à de l’hydrogène amené depuis la Terre, afin de créer sur Mars le combustible nécessaire à la propulsion des fusées. Fort de cette idée approuvée de « station service » martienne qu’il relate dans son livre « Cap sur Mars », il créé en 1998 Mars Society. Cette association américaine, née afin de promouvoir l’exploration et la conquête de Mars, a vu naître un an plus tard sa petite sœur française, baptisée Association Planète Mars (APM).

stationmartienne_186Poser le pied sur Mars, une utopie ? Pas pour Robert Zubrin, qui entrevoit la possibilité d’une exploration humaine de la planète rouge d’ici dix ans. « L’exploration spatiale est un domaine difficile, rigoureux, qui ne pardonne aucune erreur. Plusieurs missions destinées à cette planète, notamment les missions russes Mars-Phobos (1988) et Mars 96, mais également l’internationale Mars Observer (1992), ont échoué : c’est une question de contrôle de qualité ». Ces difficultés ne devraient cependant pas détourner ces scientifiques de leur finalité : « Le véritable objectif est humain, il s’agit ni plus ni moins de créer une nouvelle branche de la civilisation humaine qui y débutera son histoire. La finalité est pour nos enfants, à qui nous devront offrir un nouveau drapeau, de nouvelles nations, une nouvelle culture ».

« Nous avons besoin de rêves et d’imagination »

A ceux qui estiment qu’il s’agit de projets un peu fous, François Spiero, responsable des vols habités au CNES, rétorque : « Nous avons besoin de rêves et d’imagination pour repousser les limites de l’exploration ». Aujourd’hui, ce rêve de colonisation martienne n’est plus si éloigné de la réalité. L’exploration robotique, préambule à l’exploration humaine, est déjà en marche. Mars Express, première mission martienne jamais lancée par l’Europe, avait quitté l’atmosphère terrestre en 2003. Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), lancé par la NASA, est arrivé au début du printemps 2006 et nous offre déjà d’extraordinaires clichés à basse altitude. Plus enthousiasmant encore, Spirit et Opportunity, les deux « rovers » de la NASA lancés en 2003, explorent actuellement la surface de Mars ! Les studios Walt Disney Pictures ont justement retranscrit la formidable aventure de ces deux robots au cinéma, avec le film « Objectif Mars » (« Roving Mars » aux USA) sorti ce 25 octobre en France.

jeepmars_186Néanmoins la partie n’est pas encore gagnée. La Station spatiale internationale, ainsi que la récente orientation donnée à la NASA par George W. Bush de retourner poser un pied sur la lune, risquent de retarder les rêves des amoureux de Mars et des Ipsaliens. Richard Heidmann, président français de l’association Planète Mars et également auteur au sujet de sa planète favorie, estime que l’impact est négatif au niveau des budgets alloués, même si la mise en place d’une réelle coopération internationale est encourageante. « L’avenir de l’humain sur Mars dépend essentiellement de décisions politiques, car le financement public est majoritaire », explique t-il.

Une « standing ovation » pour l’Ipsa et ses associations

Richard Heidmann avait 23 ans lorsque Neil Armstrong posa le pied sur la lune en 1969. « J’y croyais à peine… J’avais suivi l’aventure, et cette démonstration de maitrise technologique me paraissait un formidable accomplissement », raconte le président de Planète Mars. A cet âge, celui d’un étudiant, les élèves de l’Ipsa aimeraient également vivre un tel évènement marquant à vie. D’ailleurs, les Ipsaliens, et plus particulièrement les associations IPS’Action et DreamAge, étaient fiers d’assurer l’organisation du week-end tout en arborant leurs gilets aux couleurs de l’école. Leur motivation et leur travail ont été salués, à juste titre, par une « standing ovation » et des applaudissements nourris de la part de tous les participants européens au congrès, lors de la clôture dimanche soir. Aimé Merran, Directeur de l’Ipsa, confirme l’engouement : « C’est avec une grande fierté que l’Ipsa s’est associée et a accueilli ce congrès européen de Mars Society. L’ensemble des étudiants et du corps professoral s’est réjouit de rencontrer des spécialistes de l’aventure martienne, et de participer aux conférences organisées ».

rovermarsisole_186Tout au long du week-end, les curieux auront pu assister à l’Ipsa à de nombreux débats sur « Mars, du mythe à la réalité », pendant trois jours. C’était aussi l’occasion de découvrir l’opération « Mars sur Terre », simulation des missions d’exploration sur Mars dans le désert de l’Utah, à travers les témoignages de l’équipage de la mission MDRS 43, présents à cette occasion. De plus, une multitude d’images grand formats étaient présentées tout au long du congrès, et également des maquettes, modèles réduits et autres schémas. Enfin, le week_end a été illustré par la démonstration du robot SQYMER (illustration ci-contre) et celle du Magrathea Engine développé par des élèves d’Epitech, autre école du campus technologique Ionis.

« Les Ipsaliens prouvent l’envie internationale de Mars »

Ce sixième congrès européen de Mars Society était également l’occasion de rencontrer de grands noms de l’aventure spatiale. Patrick Baudry, spationaute français du CNES rendu célèbre par son vol en 1984 avec la NASA, ambassadeur de l’UNESCO, et actuellement pilote d’essais pour Airbus Industries, était présent pour débattre de son point de vue, notamment sur les initiatives privées. L’Italien Piero Messina, membre du programme d’exploration spatial Aurora conduit par l’ESA, a de son côté détaillé la future mission ExoMars, prévue pour 2011, et dont le but est d’envoyer le tout premier « rover » européen sur Marsmars_186. Enfin, parmi les nombreux débats du week-end, certains furent animés par Michel Viso, Directeur des programmes du CNES de protection planétaire et d’astro/exobiologie, et également Francis Rocard, responsable des programmes d’explorations du système solaire, lui aussi au CNES.

Avant de repartir pour les Etats-Unis, Robert Zubrin a tenu à remercier, au nom de son association Mars Society, l’Ipsa et ses élèves. « J’ai été impressionné », avoue t-il. « Que de jeunes étudiants français tels les Ipsaliens fassent en sorte qu’un tel évènement se produise, cela prouve que la conquête de Mars est bien une envie internationale et de tout âges ». A quand des cours sur la colonisation martienne à l’Ipsa ?

 


  •  Grâce à DreamAge, retrouvez le Sixième congrès européen de Mars Society à l’Ipsa en vidéo sur leur site !

Posté le : 22 novembre 2006