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La 7ème édition du festival IPSAIR propulse la passion aérospatiale à l’IPSA

Article publié le 22 janvier 2026

Le festival IPSAIR 2026 a ouvert ses portes ce jeudi 22 janvier sur le campus parisien de l’IPSA, donnant le coup d’envoi d’un événement devenu incontournable pour les passionnés d’aéronautique et de spatial. Dès l’ouverture, les visiteurs ont afflué pour découvrir un programme riche, immersif et résolument tourné vers l’exploration du ciel et de l’espace.

Cette 7ᵉ édition d’IPSAIR a une nouvelle fois transformé le campus IPSA Paris-Ivry en véritable terrain d’exploration aéronautique et spatiale. Ce festival gratuit et ouvert à tous propose une immersion totale dans l’univers du ciel et de l’espace, mêlant conférences inspirantes, tables rondes, ateliers et animations spectaculaires. Pendant trois jours, les visiteurs peuvent prendre les commandes de simulateurs de vol ultra-réalistes, voyager sous le dôme d’un planétarium installé par Planète Sciences, découvrir des pièces aéronautiques remarquables et approcher des répliques de scaphandres d’astronautes, pour une expérience aussi pédagogique que captivante.

Une conférence inaugurale qui éclaire l’avenir du secteur

Général Frédéric Parisot, Délégué général du GIFAS

Pour ouvrir cette première journée, l’IPSAIR a accueilli le Général Frédéric Parisot, Délégué Général du GIFAS, venu partager son regard sur l’évolution profonde de la filière aéronautique et spatiale. Avec pédagogie et franchise, il a rappelé que les choix qui attendent le secteur dépassent largement les seules innovations technologiques :
« C’est toujours un plaisir de venir au-devant de la jeunesse pour expliquer les enjeux de la filière aéronautique et spatiale. Avant de parler des enjeux du new-space et de l’avion vert ou des stratégies à mettre en œuvre, rappelons que les choix qu’il nous faudra faire ne sont pas uniquement des choix de technologies d’avion ou de satellites. Ce sont des choix collectifs de responsabilité industrielle bien-sûr, mais aussi politiques. La future génération d’ingénieurs va jouer un rôle central dans les années qui viennent. J’envie presque les générations actuelles. »
Un message fort, adressé directement aux étudiants et jeunes talents présents, appelés à devenir les architectes de cette transformation.

Entre souveraineté, révolution technologique et responsabilité

Le Général Parisot est ensuite revenu sur l’histoire et la force du GIFAS, né il y a 118 ans, héritier d’une longue tradition d’innovation initiée par Louis Blériot, et aujourd’hui moteur d’une filière structurée autour d’une supply chain unie et souveraine. Il a rappelé que l’aéronautique doit entrer dans une nouvelle révolution portée par la durabilité, tandis que le spatial vit un tournant majeur : désormais dominé par des industriels privés, il constitue une infrastructure invisible mais essentielle – synchronisation, météorologie, observation, sécurité.
Il a insisté sur la nécessité de protéger l’accès à l’espace : montée en cadence d’Ariane et de Maïa, développement d’un next-space européen compétitif, lutte contre la multiplication des débris, et conception de satellites durables. Le GIFAS rassemble désormais 150 acteurs du spatial, dont 30 startups, et la France est devenue le premier exportateur mondial de satellites. Cette dynamique exige une responsabilité collective : l’orbite n’est pas infinie, et la durabilité doit devenir un critère de performance à part entière.

Décarbonation de l’aviation : une révolution à mener ensemble

Le second axe central de son intervention portait sur la transition écologique. La décarbonation de l’aviation – avec un objectif de neutralité carbone en 2050 – représente selon lui un défi sans précédent dans un secteur où les ruptures technologiques ne surviennent que tous les 40 ans. Il a détaillé les quatre leviers majeurs : renouvellement des flottes, innovations technologiques (A320neo déjà -25 % de consommation), développement massif des carburants durables (SAF) malgré leur coût 400 % plus élevé, et optimisation des trajectoires en temps réel pour réduire les traînées de condensation.
Il a rappelé que cette transformation mobilise tous les acteurs : motoristes, compagnies, aéroports, énergéticiens et institutions. Et que, dans cette mutation profonde, les ingénieurs de demain devront maîtriser des compétences techniques de haut niveau, savoir travailler en équipe, intégrer la sécurité dès la conception, et accepter des compromis. Avec un carnet de commandes rempli sur plus de dix ans, la filière aura besoin de 25 000 à 35 000 recrutements dès 2026-2027. Un appel clair à rejoindre un secteur qui se transforme, recrute, et compte plus que jamais sur la nouvelle génération.

Une table ronde d’experts entre performance aéronautique et transition écologique

La table ronde du festival IPSAIR a interrogé un dilemme central pour l’aviation contemporaine : « faut-il transiger entre performance aéronautique et transition énergétique ? » Les intervenants ont partagé un constat commun : il ne s’agit pas d’un choix binaire, mais d’un double impératif. Alors que le trafic aérien mondial continue de croître — notamment en Asie avec l’essor des classes moyennes chinoise et indienne — le secteur doit simultanément réduire son impact environnemental et améliorer sa performance économique et opérationnelle. L’aviation représente aujourd’hui environ 2 à 2,5 % des émissions mondiales de CO₂, et jusqu’à 3,5 % en intégrant les effets non-CO₂, ce qui en fait un secteur à fort enjeu symbolique et stratégique dans les politiques de décarbonation, notamment au regard des objectifs européens de réduction de 55 % des émissions d’ici 2030.

Un premier levier majeur de cette transition est l’usage des carburants d’aviation durables (SAF). Comme l’ont rappelé Sandra Combet et Nicolas Jeuland, le recours aux SAF est indispensable pour réduire rapidement l’empreinte carbone des flottes existantes, sans rupture technologique immédiate. Bien que seuls 0,4 % des vols mondiaux utilisent aujourd’hui ces carburants, l’ensemble des moteurs actuels est compatible avec les SAF, sans impact sur la sécurité ni sur l’exploitation. Les politiques publiques jouent ici un rôle structurant : la France a d’ailleurs été pionnière en imposant dès 2023 une obligation d’incorporation.

Enfin, cette table ronde a mis en lumière la complémentarité des autres leviers d’amélioration de la performance aéronautique : progrès aérodynamiques, allègement des structures, optimisation des opérations et innovations incrémentales, dont l’addition peut produire des gains significatifs. Les monocouloirs de nouvelle génération, comme l’A320 XLR, illustrent cette dynamique en permettant des missions long-courriers avec des réductions de consommation de l’ordre de 18 à 20 %. En parallèle, l’électrification et l’hydrogène constituent des pistes de rupture à plus long terme, confrontées à des défis technologiques majeurs en matière de puissance, de masse et de certification. Dans ce contexte exigeant mais porteur, l’IPSA affirme son rôle de société à mission en formant des ingénieurs conscients des enjeux environnementaux, sociétaux et réglementaires. Comme l’ont souligné les intervenants, la transition de l’aérien est un « paradis pour ingénieurs » : un terrain d’innovation exigeant, passionnant et décisif pour l’horizon 2050.

À travers les interventions de Roxana Perrier et d’Alexandre Marchis, la table ronde a mis en lumière le rôle central des acteurs humains dans la transformation du secteur aéronautique. Comme l’a rappelé Roxana Perrier, enseignante à l’IPSA Toulouse et responsable des partenariats, « À l’IPSA, nous avons la conviction que la transition de l’aérien passera par la formation. Les ingénieurs que nous formons aujourd’hui seront ceux qui construiront l’aviation de 2050, et nous voulons leur donner les clés techniques, mais aussi sociétales et environnementales, pour relever ce défi ». Une vision qui trouve un écho du côté des enjeux opérationnels, notamment militaires, évoqués par Alexandre Marchis : « que ce soit pour le civil ou le militaire, moins consommer, c’est aussi être plus performant. Dans les forces armées, rester plus longtemps en l’air est un avantage opérationnel majeur. La transition écologique n’est pas une contrainte, elle peut aussi être un levier d’efficacité. »

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