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Louis Carton, étudiant ingénieur aérospatial à l'IPSA devant l'University of California San Diego
Divers

De l’IPSA à l’espace… en passant par les Etats-Unis

L’IPSA forme en cinq ans des ingénieurs spécialisés dans l’aéronautique et le spatial, mais certains diplômés décident de poursuivre leurs études au-delà de l’obtention de leur titre d’ingénieur. C’est notamment le cas de Louis Carton et Romain Fonteyne, tous deux issus de la filière “Espace, Lanceurs et Satellites” de l’IPSA, qui n’ont pas hésité à traverser l’Atlantique pour aller entreprendre une thèse dans leur domaine de spécialité au sein de prestigieuses universités américaines.

Romain, promotion 2019, a la tête dans les étoiles depuis l’âge de deux ans. “J’ai toujours regardé la Lune et comme beaucoup de monde, je rêvais d’y aller”. Durant sa scolarité, Romain a essuyé de nombreuses remarques le dissuadant de s’orienter vers le secteur aérospatial mais c’était sans compter sur la persévérance du futur ingénieur. “Beaucoup de gens te disent que tu n’y arriveras pas et que ce n’est pas fait pour toi. Mais Il faut persévérer et continuer !”. C’est ce qu’il a fait et à la fin du lycée, Romain intègre finalement la première année du Cycle Préparatoire de l’IPSA. Dès lors, il consacre son temps et son énergie à son apprentissage pour décrocher les meilleurs stages et opportunités possibles dans l’aérospatiale.

Quant à Louis, promotion 2022, la passion s’est manifestée un peu plus tard. Originaire de Normandie, c’est en classe universitaire préparatoire aux grandes écoles qu’il entend parler de l’IPSA par un ami. Il se décide alors à passer le concours et opte pour la prépa intégrée IPSA PRIM avec une rentrée décalée en février.Je suis retombé sur un ancien rapport de stage datant de 2019. Dans l’introduction, j’avais écrit que je voulais faire une thèse après mon école d’ingénieur. A posteriori, j’ai trouvé ça drôle, explique Louis.

Ancien président de l’association d’astronomie ipsalienne IPSA Vega, Louis a réalisé ses premières publications via cet engagement associatif, pendant ses années à l’école. « Mon parcours de recherche a en effet débuté avec IPSA Vega lors de mon mandat de président de l’association. À cette époque, j’ai publié mon premier article de recherche dans le journal ‘Observations et Travaux’ numero 88-89 de la Société Astronomique de France »

Durant leur cursus, nos deux IPSAliens ont eu l’opportunité de réaliser plusieurs stages professionnels pour mettre en application les connaissances acquises durant leur formation au service de projets importants. En 5e année, Romain a ainsi pu rejoindre le projet de la NASA MSL-Curiosity en partenariat avec le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) et l’IRAP (Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie) à Toulouse. J’ai toujours voulu travailler pour la NASA. Au lycée, j’avais déjà fait des présentations sur Curiosity. Si on m’avait dit à l’époque que j’allais un jour travailler sur un tel projet, jamais je ne l’aurais cru”, témoigne Romain. 

À l’IPSA, chaque étudiant doit effectuer un semestre à l’étranger dans le cadre de la 4e année de formation du Cycle Ingénieur. Louis recherche alors la meilleure université américaine partenaire de l’IPSA proposant de vrais cours en aérospatiale, mais malheureusement, à cause de la pandémie COVID, les frontières américaines étaient fermées une grande partie de l’année. Sa patience a finalement été récompensée et Louis a pu effectuer son séjour au cours du second semestre. “Quitter Paris pour les États-Unis m’a fait un bien fou. J’étais isolé durant le confinement dans un appartement de 12m². Ça a été une bouffée d’air pour moi. Parti avec sept autres étudiants français, Louis a pu suivre les cours qu’il souhaitait, notamment celui de “Spacecraft Guidance” avec comme projet final l’organisation d’un voyage de la Terre jusqu’à la planète Mars. L’enjeu du projet portait alors sur l’optimisation des dates de départ et d’arrivée en fonction du temps de trajet et de l’énergie utilisée. Et c’est un succès puisque trois Français, dont Louis, terminent majors de promotion. Ce semestre à l’étranger s’est avéré particulièrement intéressant pour Louis qui a tapé dans l’œil d’un de ses professeurs, devenu ensuite son maitre de thèse lorsqu’il a quitté l’IPSA. Une aventure américaine qui lui a permis d’enrichir ses connaissances et de vivre une expérience étudiante épanouissante. 

Louis Carton et son maitre de thèse aux Etats-Unis
Louis Carton et son maitre de thèse aux Etats-Unis

 

Une fois diplômés de l’IPSA avec leur titre d’ingénieur en poche, Romain comme Louis ont tous les deux décidé de poursuivre leur parcours avec la réalisation d’une thèse. Louis a choisi University of California San Diego (USCD), tandis que Romain a rejoint Georgia Tech à Atlanta. Mais aux Etats-Unis, une thèse se fait sur plusieurs années et peut durer cinq voire six ans dans certains cas. Cela fait déjà deux ans que Louis s’est attaqué à sa thèse en astrodynamique consacré au domaine du cislunaire, c’est à dire l’espace entre la Terre et la Lune mais aussi autour de cette dernière. Son objectif étant d’étudier la stabilité des différents régimes d’orbites autour de la Lune en fonction de certaines forces et d’effets de résonnances à plus ou moins long terme. En première année, Louis a suivi des cours afin de valider ses connaissances et dès la seconde, il a entrepris ses travaux de recherche tout en étant assistant d’un professeur de mathématiques. Aujourd’hui encore, il assiste son maitre de thèse pour son cours de Space Flight Mechanics. J’ai l’occasion de pouvoir faire cours devant une centaine d’étudiants et j’aime beaucoup l’expérience. Cest très enrichissant”, exprime Louis. Cet été sera studieux pour Louis qui a réussi à décrocher un stage au laboratoire de recherche Lunar and Planetary Institute financé par la NASA, au sein duquel il va collaborer pendant deux mois avec des ingénieurs et des chercheurs sur la mission Artemis qui vise à renvoyer des humains autour et surtout, sur la Lune. 

Sans l’IPSA, je ne serais pas là aujourd’hui car je n’aurais certainement pas pu décrocher mon stage sur MSL-Curiosity, ni mon poste d’ingénieur à l’ESA sur ExoMars.

Romain Fonteyne en plein travail
Romain Fonteyne en plein travail


Dans le cadre de sa thèse, Romain se concentre quant à lui sur
la poussière lunaire. L’un des principaux objectifs des futurs astronautes et des programmes spatiaux est de pouvoir retourner sur la Lune. Pas d‘y passer quelques heures comme ont pu le faire Neil Armstrong ou Buzz Aldrin, mais bel et bien d’être en mesure d’y rester beaucoup plus longtemps. Or, dans cette optique, la poussière lunaire constitue un véritable obstacle car elle s’accroche à tous les équipements et les détériore en raison de ses propriétés électrostatiques. C’est en particulier le cas des combinaisons qui équipent les astronautes. Romain s’est donc attaqué au défi de protéger les futurs visiteurs de la Lune, explorant notamment la possibilité d’utiliser un champ électrique protecteur pour empêcher la poussière lunaire de se déposer sur les combinaisons et les équipements des futures missions. De belles avancées ont déjà été réalisées mais il reste encore beaucoup d’obstacles à surmonter car il est très difficile de recréer les conditions lunaires sur Terre. Un parcours scientifique motivé par la passion et qui a valu à Romain d’être sélectionné par le magazine Forbes dans l’édition 2021 du classement des “
30 under 30” qui distingue les 30 jeunes de moins de 30 ans qui ont émergé ou qui sont en train d’éclore dans leur secteur. 

Romain Fonteyne, ingénieur IPSA et le Rover ExoMars 2022
Romain Fonteyne et le Rover ExoMars 2022

 

C’est une véritable fierté pour notre école de voir ses anciens étudiants aller aussi loin dans les domaines de l’ingénierie aérospatiale et de l’astrophysique. Les parcours de Louis et Romain sont particulièrement inspirants et démontrent que les rêves, même les plus fous, sont faits pour être réalisés. C’est cette doctrine qui guide l’IPSA dans l’accompagnement de ses étudiants pour leur permettre de vivre pleinement leur passion pour l’air et l’espace.