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Passionné par l’univers du traitement d'images satellites, Maxime Lenormand (IPSA promo 2019) est aujourd’hui Junior Remote Sensing Engineer au sein de la prometteuse start-up finlandaise Iceye

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« À l’IPSA, j’ai appris à apprendre »

Quand on se lance dans des études d’ingénieur, on n’est pas à l’abri de se prendre d’intérêt pour de nouveaux domaines parfois éloignés de ses passions d’origine. C’est ce qui est arrivé à Maxime Lenormand (IPSA promo 2019). Au départ attiré par l’aviation, cet Ancien a ensuite bifurqué vers le spatial durant son cursus à l’IPSA pour ensuite se plonger dans l’univers du traitement d’images satellites. Aujourd’hui Junior Remote Sensing Engineer au sein de la prometteuse start-up finlandaise Iceye, il revient sur les étapes de cette évolution et son parcours.

 

Passionné par l’univers du traitement d'images satellites, Maxime Lenormand (IPSA promo 2019) est aujourd’hui Junior Remote Sensing Engineer au sein de la prometteuse start-up finlandaise Iceye

 

As-tu toujours été attiré par le ciel ?

Maxime Lenormand : En fait, c’est à mes 15 ans que tout a vraiment commencé, après avoir déménagé avec ma famille à proximité d’un aéroport. À côté de chez moi, un voisin possédait une collection d’anciens avions qu’il réparait. À force d’observer son travail tous les week-ends, il a fini par me laisser rentrer dans son atelier puis à me permettre de l’aider dans ses rénovations. Cette passion pour l’aviation s’est aussi développée grâce à mon professeur d’Histoire au collège qui m’avait donné un jeu de simulation d’avion, « IL2 », que j’avais adoré. Une fois au lycée, j’ai ensuite eu l’occasion de passer le BIA (Brevet d’Initiation à l’Aéronautique), ce qui m’a amené doucement à me projeter de plus en plus dans l’aviation… sans parler des maquettes d’avions que je construisais aussi régulièrement !

 

C’est cet attrait de l’aviation qui t’a dirigé vers l’IPSA ?

Comme je souhaitais m’orienter vers l’aviation, j’avais le choix entre faire une Classe Préparatoire aux Grandes Écoles (CPGE) ou entrer directement en 1re année dans une école dédiée à l’aéronautique. Quand j’ai vu que l’IPSA proposait une prépa intégrée en 1re année, j’ai alors choisi d’y candidater : je voulais entrer dans le vif du sujet le plus tôt possible ! Et étant originaire de Normandie, je souhaitais découvrir une autre ville. Le campus de Toulouse m’attirait beaucoup, surtout depuis que j’avais appris que cette capitale de l’aéronautique abritait également l’association des Ailes Anciennes (qui œuvre pour la préservation du patrimoine aéronautique). C’est ce qui m’a convaincu d’aller étudier là-bas. En plus, le soleil du Sud, ça ne se refuse pas !

 

Quand as-tu bifurqué vers le spatial ?

En me plongeant dans l’ingénierie ! Au fur et à mesure des études et des rencontres, on se rend compte qu’il y a une grande différence entre ce que l’on comprend de l’aviation lorsqu’on est au lycée et ce qu’est réellement ce milieu, avec le travail d’ingénieur, en étant au plus proche du métier… C’est d’ailleurs en en apprenant plus que je me suis progressivement détaché de l’aviation pour m’intéresser au spatial. En cinq ans de formation, on évolue beaucoup et les projets s’affinent. J’ai pu même rencontrer des gens sur Twitter, qui travaillaient dans plein de domaines différents du spatial. Certains sont par la suite devenus des amis. J’ai pu découvrir leurs métiers et m’ouvrir encore plus au champ des possibles.

 

Justement, comment se sont passées tes études ?

Mon cursus à l’IPSA s’est très bien déroulé ! Mais ce qui a été déterminant dans mon parcours, c’est lorsque, avec quelques camarades, nous avons participé au concours ActInSpace 2016 sous la supervision de Arnaud Deligny (diplômé de l’IPSA promo 2005, aujourd’hui Space Systems Digital Leader chez Airbus Defence and Space). Nous n’avons pas gagné, mais j’ai renouvelé l‘expérience en 2018 avec d’autres camarades car ça m’avait beaucoup plu. Nous sommes partis à Paris et, cette fois, nous avons remporté le concours en présentant un projet sur l’observation de la Terre même si nous ne connaissions alors pas grand-chose au sujet ! À la suite de cette expérience, j’ai commencé à prendre des cours en ligne pour développer mes compétences en programmation Python pour les utiliser dans l’imagerie satellite, puis je suis ensuite parti un an à Taïwan au sein de la start-up Odysseus Space (créée par deux IPSAliens de la promo 2009, Julien Hennequin et Jordan Vannitsen) pour réaliser mon double diplôme à la National Cheng Kung University et faire une thèse sur la propulsion électrique.

 

 

Depuis cette expérience, tu sembles privilégier l’environnement start-up, non ?

En effet ! Avant mon départ pour Taïwan, j’avais pu faire un stage en communication à l’Agence Spatiale Européenne (ESA), mais si l’expérience était très sympa, je sentais que cela ne me correspondait pas. J’aspirais déjà à découvrir le monde des startups pour travailler dans une ambiance plus décontractée. Ainsi, après mon séjour à l’International, j’ai continué avec cette même ambition en décrochant mon stage de fin d’études chez Satelligence, une start-up des Pays-Bas. Cette dernière  utilise l’imagerie satellite avec le programme Copernicus (programme européen qui amasse des images satellites) pour monitorer la déforestation à l’échelle de plusieurs pays et travailler avec les fournisseurs de commodités (le café, le cacao…) et essayer de changer les Supply Chains pour qu’elles aient un moindre impact sur la déforestation. J’y suis donc entré en tant que Data Scientist en télédétections et j’ai adoré ! Mon travail était de trouver des plans de cacao avec des images satellites au-dessus du Ghana. On pouvait utiliser de l’imagerie à haute résolution, mais c’était payant et cher. J’ai donc essayé de travailler avec des images à moindre résolution… et de déterminer si l’on arrivait à voir ces plans de cacao avec plus de bandes donc avec de l’infrarouge. Cela m’a permis également de faire du Deep Learning, de l’intelligence artificielle… Des domaines que je n’avais pas appris à l’IPSA. Toutefois, je dois beaucoup à l’école de par sa capacité à nous former sur le côté technique de l’ingénierie, mais aussi et surtout sa pédagogie centrée sur la gestion de projets. Ça m’a beaucoup aidé dans mes expériences et je me rends compte de l’importance de cet aspect maintenant que je travaille avec des personnes venant d’autres écoles d’ingénieurs. Il y a une vraie valeur ajoutée lorsqu’il s’agit de mener à bien un projet. L’IPSA m’a aidé grâce à ses fondations. Elles m’ont servi et me servent encore, même si je suis parti dans une autre voie.

 

Parlons de cette autre voie. Quel est ton quotidien aujourd’hui ?

Aujourd’hui, bien qu’ayant choisi l’option Véhicules en 3e année à l’IPSA, je ne fais pas du tout de mécanique puisque je continue de travailler dans les images satellites au sein de la start-up finlandaise Iceye, une entreprise qui fait partie de ce qu’on appelle le « New Space européen ». Chez Iceye, nous avons notre propre constellation de satellites. Des employés les fabriquent et nous les envoyons dans l’espace pour ensuite prendre des images radar, à la différence des images Google Earth que nous connaissons tous. En tant que Remote Sensing Engineer, mon travail s’inscrit dans la continuité de celui que je faisais chez Satelligence puisqu’il porte sur l’analyse de ces images. Il faut voir que ces dernières sont des données brutes. Mon rôle est alors d’en extraire de la valeur en les transformant en information – par exemple, quand est-ce qu’un champ a été moissonné ? À quelle date précisément ? Etc. Actuellement, je travaille sur le sujet des inondations, en analysant où telle inondation a eu lieu exactement et combien de quantité d’eau le pays a subi.


Selon toi, quelles sont les qualités requises pour évoluer dans ce milieu de l’imagerie satellite ?

Il faut avant tout vouloir continuer d’apprendre, être curieux et savoir reconnaitre que les méthodes puissent évoluer ! Ce dernier point est très important :car des nouveaux algorithmes sortent tous les jours, les ordinateurs sont de plus en plus performants, les images deviennent meilleures… Toutes les méthodes changent en permanence et il faut continuer de se mettre à jour. C’est ce que m’a d’ailleurs inculqué mon parcours étudiant : à l’IPSA, j’ai appris à apprendre. Le diplôme n’est pas une fin en soi, mais plutôt une base, un socle. Travailler les mathématiques et la physique m’a donné une façon de penser, des fondamentaux d’organisation, de méthodologie et d’approche, que je peux appliquer sur un domaine différent. Et j’espère que dans 50 ans, je serai toujours en train d’apprendre !

 

Passionné par l’univers du traitement d'images satellites, Maxime Lenormand (IPSA promo 2019) est aujourd’hui Junior Remote Sensing Engineer au sein de la prometteuse start-up finlandaise Iceye

Passionné par l’univers du traitement d'images satellites, Maxime Lenormand (IPSA promo 2019) est aujourd’hui Junior Remote Sensing Engineer au sein de la prometteuse start-up finlandaise Iceye

Projet SATLine, lauréat du Climathon 2019

Posté le : 22 janvier 2021